Communiqué de Presse

Paris, le 29 avril 2026


Isolement : 5 ans après son lancement, le Service Civique Solidarité Seniors

s’impose comme une réponse concrète et efficace


En cette Journée européenne de la solidarité entre les générations, le Service Civique Solidarité Seniors (SC2S) célèbre 5 années d’action contre l’isolement des personnes âgées par la mobilisation de la jeunesse. Plus de 26 500 jeunes volontaires ont accompagné près de 508 000 aînés à travers 3 400 structures partenaires sur tout le territoire. Les rapports d’évaluation d’impact social le confirment : le dispositif réduit concrètement l’isolement des seniors, favorise l’insertion des jeunes et soutient les professionnels du grand âge. À l’occasion de cet anniversaire, un événement est organisé au Sénat et une tribune cosignée par une vingtaine de responsables du secteur est rendue publique.


La Journée européenne de la solidarité entre les générations, célébrée chaque 29 avril, rappelle un constat qui s’aggrave en France : la chaîne entre les générations s’est rompue. D’un côté, plus de 2 millions de personnes âgées vivent isolées, souvent sans échanges quotidiens : un facteur reconnu de perte d’autonomie, de dépression et de déclin cognitif. De l’autre, 65 % des 16-24 ans déclarent souffrir de solitude, avec des conséquences directes sur leur insertion et leur santé mentale. Ce double isolement fragilise à la fois la cohésion sociale et la capacité de notre société à faire face au vieillissement. Dans un pays qui comptera 50 % de personnes âgées supplémentaires dans les prochaines décennies, et où les métiers du grand âge peinent déjà à recruter, rétablir ce lien n’est pas un geste symbolique : c’est un impératif de politique publique.


Le SC2S : une réponse éprouvée, des résultats mesurés


Depuis 2021, le SC2S, dispositif national co-piloté par l’État et l’Agirc-Arrco, mobilise de jeunes volontaires en Service Civique auprès de personnes âgées isolées, à domicile et en établissement. Pas pour soigner ou remplacer les professionnels, mais pour être présents : partager un café, accompagner une sortie, transmettre un savoir numérique, rompre la routine. Déployé dans des contextes très variés (rural, urbain, domicile, établissement), le dispositif a démontré sa robustesse et sa capacité d’adaptation.


Les résultats, mesurés par cinq évaluations d’impact successives, sont nets. 

Côté seniors, 80 % retrouvent l’envie de faire des activités. 

Côté jeunes, 83 % développent des compétences utiles pour leur avenir et plus d’un tiers s’orientent vers les métiers du soin et de l’accompagnement après leur mission. 

Côté professionnels, 94 % estiment que la présence des jeunes améliore l’accompagnement et près d’une structure sur trois a déjà offert une opportunité professionnelle à un ancien volontaire.


Au-delà de la mission : des liens qui durent

Ce qui distingue le SC2S d’un dispositif ponctuel, c’est la durabilité des liens qu’il crée. Six mois après la fin de leur mission, plus d’un jeune sur deux garde contact avec la structure ou les seniors qu’il a accompagnés. Parmi eux, 54 % maintiennent des liens personnels avec un ou plusieurs aînés et 46 % continuent de leur rendre visite sur leur temps libre. Pour les seniors, cette continuité prolonge les bénéfices de l’accompagnement bien au-delà du cadre du Service Civique.


Pour les jeunes, l’impact sur leur trajectoire est tout aussi marquant : 82 % savent ce qu’ils veulent faire à la fin de leur mission (contre 63 % au début), et plus d’un jeune sur cinq déclare qu’il n’aurait eu aucune solution pour son année sans le SC2S : un filet de sécurité autant qu’un tremplin.


Marie Trellu-Kane, Présidente de l’Association Nationale pour le Déploiement du  Service Civique Solidarité Seniors, a déclaré : « En cinq ans, le Service Civique Solidarité Seniors est passé d’une intuition à une solution qui fait ses preuves partout sur le territoire. Ce que l’on voit, ce sont des personnes âgées qui sortent de l’isolement, des jeunes qui trouvent leur place, et des professionnels qui se sentent soutenus. Ce modèle fonctionne, parce qu’il est simple, humain et ancré dans le quotidien »


Un événement au Sénat et un appel collectif

Pour marquer cet anniversaire, le SC2S réunit au Sénat parlementaires, ministres, élus, acteurs de la société civile, ainsi que des jeunes et des seniors bénéficiaires du dispositif. Deux tables rondes sont consacrées au rôle du Service Civique dans la cohésion nationale et à la solidarité intergénérationnelle comme politique publique.

 

Le même jour, une tribune intitulée « Solidarité intergénérationnelle : ne laissons pas l’isolement devenir la norme », cosignée par les dirigeants d’Unis-Cité, des Petits Frères des Pauvres, de la FEHAP, de Monalisa, de l’UNCCAS, de la Mutualité Française et d’autres acteurs majeurs, appelle à inscrire durablement la solidarité intergénérationnelle dans les politiques d’adaptation au vieillissement.

Partager un café : un geste simple permettant de préserver l'autonomie des seniors

Le lien social est un rempart contre le déclin cognitif. Et si la prévention commençait tout simplement par une tasse de café ou de thé et une discussion ?

La puissance des études scientifiques

Selon une étude prospective américaine publiée récemment dans la revue scientifique JAMA, portant sur 130 000 participants suivis pendant 43 ans, la consommation de deux à trois tasses de café par jour (ou une à deux tasses de thé) réduirait de 18 % le risque de démence à long terme(Source : JAMA Network)

 

Parallèlement, l’Union des Gérontopôles de France a élaboré en avril des recommandations pour la CNSA sur  l’importance de la prévention visuelle et auditive. Elles  s’appuient en particulier sur des études britanniques mettant en évidence un cercle vicieux : les troubles auditifs renforcent la solitude et l’isolement, et réciproquement. L’ensemble est un facteur de risque de troubles neurocognitifs, modifiable.

 

Le constat est clair : pour bien vieillir, il est essentiel de continuer à entendre, à écouter et, surtout, à échanger.

 

(Source : Synthèses & bonnes pratiques CNSA)

Mieux entendre pour mieux s’entendre

Pour prévenir les troubles cognitifs, la science préconise la médiation psychosociale. Derrière ce terme technique se cache une réalité humaine simple : l’entretien du lien social est un support majeur de maintien de l’autonomie.

 

Mais qui peut assurer cette présence régulière, alors que les familles sont parfois éloignées et les professionnels concentrés sur les soins et l’aide immédiate ? C’est ici que la solidarité intergénérationnelle prend tout son sens.

Grâce au Service Civique Solidarité Seniors (SC2S), dispositif co-piloté par l’Etat et l’Agirc-Arrco, les jeunes deviennent des acteurs clés de cette prévention :

 

  • prendre le temps : une écoute attentive que le rythme des soins ne permet pas toujours ;
  • stimuler et rire : partager des souvenirs, jouer ou commenter l’actualité pour maintenir l’esprit en éveil ;
  • rompre le silence : transformer une journée ordinaire en un moment inattendu.

Une action au cœur des territoires

Qu’il s’agisse de CCAS, de résidences autonomies, d’EHPAD ou de services à domicile, de plus en plus de structures intègrent des volontaires SC2S pour compléter et personnaliser leurs projets de lutte contre l’isolement.


En établissement comme à domicile, l’isolement et le silence quotidien ne sont pas une fatalité.


👉 Si vous souhaitez impliquer des jeunes pour faire vivre cette dynamique solidaire et intergénérationnelle au sein de votre structure, rendez-vous ici : https://www.sc-solidariteseniors.fr/relais-sc2s/

Le Service Civique Solidarité Seniors s’est invité à Mafate !

Du 25 au 27 mars dernier, 12 volontaires en Service Civique Solidarité Seniors sont allés à la rencontre des gramounes d’Îlet à Malheur, d’Îlet à Bourse et d’Aurère.

Pour cette cinquième édition, les volontaires ont effectué plusieurs heures de randonnée pour rejoindre les habitants de ce site.

Apporter de la joie au cœur des îlets

L’objectif de cette immersion de trois jours était simple mais essentiel : offrir une présence chaleureuse, apporter de la jeunesse et de la convivialité.

 

Au programme de cette expédition solidaire :

  • des brigades mobiles à domicile pour échanger avec les gramounes directement chez eux,
  • des moments de partage pour briser la routine au travers d’un lotoquine notamment.

Ce projet ambitieux est le fruit d’une belle collaboration avec la ville de la Possession, la Maison des Associations de la Possession et les Mafatais eux-mêmes, mobilisés pour faire vivre leur territoire. 

Les volontaires ont pu partager des moments conviviaux avec les aînés, écoutant leurs histoires et établissant des liens précieux dans ces territoires isolés.

La Réunion : une île engagée pour ses ainés

Sur toute l’île de La Réunion, les jeunes en Service Civique Solidarité Seniors se mobilisent massivement pour prendre soin de leurs aînés.

 

Quelques chiffres qui témoignent de cet engagement :

  • 300 volontaires agissent quotidiennement sur l’île.
  • Plus de 4 000 gramounes sont accompagnés chaque jour.
  • Les volontaires, âgés de 16 à 25 ans, créent de véritables ponts entre les générations.

Si vous souhaitez impliquer des jeunes dans vos actions de solidarité auprès des seniors, rendez-vous ici : https://www.sc-solidariteseniors.fr/relais-sc2s/